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Les Bannières des corporations

Lors de troubles survenus en juin 1423, les gens de métiers craignant une mainmise bourguignonne sur les affaires de la ville décident de réclamer aux Consaux leurs bannières. Après l’octroi de la charte de 1424 par le roi Charles VII et afin de participer à l’administration et au gouvernement de la cité, cinquante-cinq professions furent réunies sous 36 bannières. C’est ainsi que les corps des métiers ou corporations  acquirent une importance politique considérable. Chaque corporation comprend 3 degrés : les maîtres, les compagnons et les apprentis. Elles forment une confrérie placée sous l’autorité d’un saint patron, dont les membres se réunissent pour un banquet annuel. Les artisans d’une même profession s’installent dans la même rue où l’animation est constante. Chacun travaille au rez-de-chaussée, dans un atelier qui ouvre sur la rue, de telle sorte que l’on puisse contrôler son ouvrage à n’importe quel moment. Et presque chaque jour, une confrérie fête son Saint Patron : saint Eloi, patron des orfèvres, saint Joseph, patron des charpentiers, saint Luc, patron des peintres…

BanniereApothicairesLES APOTHICAIRES

L’entrée en apprentissage requiert une certaine fortune (pour les études, les frais de maîtrise et l’officine), des connaissances (grammaire, latin, rhétorique), un minimum de quatorze ou seize ans et parfois l’appartenance à la religion catholique. Apprentis (stage pratique), puis compagnons (perfectionnement), les futurs maîtres passent des examens, notamment sur les plantes, la composition et la préparation des médicaments, et doivent réaliser un chef-d’œuvre, de difficulté variable suivant les communautés. L’ouverture de la boutique, signalée par une enseigne au sujet caractéristique, s’accompagne de certaines formalités et d’un serment.

Ils formaient la 5ème bannière. – Patron : Saints Côme et Damien

 

BanniereOrfevresLES ORFEVRES

Les communautés d’orfèvres, organisées en puissantes corporations depuis le XIIème siècle, ont pour prérogative exclusive de « fabriquer et vendre tous les objets d’or et d’argent, quels qu’ils soient, et de les orner de pierreries ». Un apprentissage de huit ans est nécessaire avant la présentation d’un chef-d’œuvre, l’admission à la maîtrise et l’enregistrement d’un poinçon, marque personnelle du nouvel orfèvre. Il leur était interdit de travailler le dimanche, les jours de fête et les trois jours entourant Noël. Dès le XIVème siècle, chaque communauté d’orfèvres a son poinçon dit de jurande. Ce poinçon certifie le titre du métal (la qualité de l’alliage) et donc sa conformité avec les ordonnances en vigueur. Au XIVème et XVème siècles, chaque orfèvre fait l’acquisition de son propre poinçon. Ce « poinçon de maître » lui sert de signature professionnelle et de garantie vis-à-vis des acheteurs.

Ils formaient la 13ème bannière – Patron : Saint Eloi

 

 

 

BanniereBouchersLES BOUCHERS

Les bouchers se trouvent réunis en une puissante corporation. Eux seuls pouvaient abattre, dépecer et faire le commerce de viande. La ville médiévale est le théâtre d’activités professionnelles variées. Parmi ces professions, les métiers de l’alimentation ont une place fondamentale dans l’économie urbaine en raison de leur fonction nourricière. Dans cette économie, le boucher occupe une place emblématique et primordiale. En effet, contrairement à une idée reçue les habitants des villes au Moyen-âge sont de grands consommateurs de viande. Il en résulte une grande richesse du boucher dans les villes, ce qui lui vaut d’être bien souvent jalousé voire méprisé en raison de la nature même de son métier : la mise à mort. Les bouchers font preuve d’un esprit d’indépendance et de défiance envers les autorités.

Ils formaient la 15ème bannière.  – Patron : Saint Nicolas

 

 

BanniereMarechauxFerrantsLES MARECHAUX-FERRANTS

Cet artisan et ses apprentis travaillent tôt le matin et tard le soir. Voyageurs, cavaliers, paysans se pressent dans l’atelier qui ne désemplit pas. On y veille parfois. C’est un lieu convivial, comme le café ou la place du marché.

Sûr de lui et expert écouté, le maréchal est aussi vétérinaire, dentiste et guérisseur. Son marteau, comme celui du meunier, a le pouvoir de guérir.

Ils formaient la 20ème bannière. – Patron : Saint Eloi

 

 

 

BanniereBateliersLES BATELIERS

La ville étant traversée par l’Escaut, tous les métiers découlant de ce phénomène géographique existeront au sein de corporations telles les bateliers.

Péniches et mariniers. D’écluse en écluse, de courant de rivière en chemin de halage, les bateliers ont la vie rude. Seuls, les bateliers pouvaient transporter les marchandises par eau pour la ville et sa banlieue aidés par les compagnons pilotes qu’ils avaient nommés. Les gains de chacun étaient remis à un receveur qui en faisait la répartition entre tous les membres.

Ils formaient la 22ème bannière. – Patron : Saint Nicolas

 

 

LBanniereMaconsES MAÇONS

L’accession à la maîtrise donne au maçon le droit de faire « acte de maître », c’est-à-dire d’entreprendre des travaux pour son compte et d’embaucher. Il est garant pendant dix ans de la qualité de ses ouvrages sans pouvoir dégager sa responsabilité en accusant architecte ou propriétaire. Il peut faire condamner à de fortes amendes le compagnon qui voudrait faire acte d’entrepreneur à sa place. Pour accéder à la maîtrise, il faut réaliser un chef-d’œuvre jugé par la communauté des maîtres maçons, fournir des garanties de « bonnes vie et mœurs » et payer les droits d’enregistrement de son nouveau titre. Au Moyen Age, la même corporation comprenait les maçons, les tailleurs de pierre, les plâtriers et les morteliers ; les uns et les autres étaient sous la surveillance du maître maçon qui dirigeait la construction.

Ils formaient la 26ème bannière. – Patron : Saint Blaise

 

 

BannierePotiersLES POTIERS

La situation sociale du potier est très variable selon sa place dans la hiérarchie du métier et l’importance des ateliers. Les maîtres potiers, propriétaires de leurs ateliers sont des gens aisés, qui savent lire, écrire et compter. En revanche, les maîtres potiers-métayers sont souvent aussi pauvres que des ouvriers.

Le tourneur est le plus qualifié, le plus apprécié et le mieux payé des ouvriers. Il est rémunéré à la pièce, au compte ou à la journée.

Ils formaient la 34ème bannière. – Patron : Sainte Catherine

 

 

BanniereTapissiersLES TAPISSIERS

Jusqu’au XIIIème siècle, le terme de TAPISSIER, sert à désigner indifféremment ceux qui créent, qui fabriquent des tapisseries ou des tapis, qui exécutent des ensembles décoratifs, qui utilisent tous les textiles et cuirs, contribuant au confort et à la décoration des intérieurs. Regroupés très tôt en corporation, les tapissiers, dont l’activité initiale est la décoration murale des églises, fréquentent les « grands » du royaume et jouissent à ce titre de nombreux privilèges. Il prenait alors le titre de « Valet Tapissier » et pouvait porter l’épée. Les Tapissiers-Courtepointiers fournissaient les meubles de tapisserie, des lits, et même des équipages de guerre.

Ils formaient la ? bannière. – Patron : Saint François d’Assise

 

Au Moyen-âge, chaque métier avait généralement son quartier ; aujourd’hui encore, nombre de rues tirent leur nom des artisans qui les occupaient. Voici quelques lieux de paroisses où des corporations s’étaient implantées :

 

Paroisse Nom actuel Nom au Moyen-âge Métier
Saint-Piat Rue   des Carliers Rue   des Karreliers Charrons
Quai des Poissonsceaux Piscenerie Poissonniers
Quai Taille-Pierres La   Taille-Pierre Tailleurs   de pierre
Rue Madame Rue   des Hugiers Menuisiers
Rue des Paniers Rue   des Piniers Peigneurs   de laine
Notre-Dame Quai   Notre-Dame La   Taintenerie Teinturiers
Rue de la Cordonnerie Rue   de la Cordewanerie Cordonniers
Rue de la Triperie La   Macelerie Bouchers
ou Machekelerie
Rue des Chapeliers La   Lormerie Cloutiers,   selliers
& éperonniers
Rue de la Tête d’Or Capon Bouchers
Saint-Jacques R.des   Bouchers St Jacques Rue   au Viel Bouchers
Rue des Corriers Rue   des Coriers Corroyeurs
Sainte-Marguerite Rue   des Foulons Rue   des Foulons Foulons
Rue de l’Ecorcherie Rue   de l’Ecorche-Keval Abatteurs
Saint-Brice Rue   des Poteries La   Poterie Potiers
Quai Vifquin Rue   de la Tannerie Tanneurs
Rue des Brasseurs Faisselerie Fagoteurs
Rue du Corbeau Rue   des Conreurs Tanneurs,   corroyeurs